Mélenchon + Poutine = <3 ?

Le combat de Mélenchon est diamétralement opposé à Poutine. Beaucoup de ses militants, voire la plupart, sont contre le régime de Poutine. Mais certains éléments montrent une certaine complaisance de JLM à l’égard de Poutine. Cet article n’est pas réellement construit, il s’agit plutôt d’idées jetées en vrac. Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Parce que la flemme, mais aussi parce que ras le bol et je trouve ça dommage de ne pas vous livrer quelques réflexions. C’est certainement le pire article de l’histoire d’internet. Je vais dans un sens, je reviens en arrière, j’excuse, je râle, bref. Le fait est que Mélenchon est flou. Par ailleurs, si vous pensez que je me trompe sur un point ou un autre, n’hésitez pas à me spammer en commentaire. Ça peut aider à se faire une idée sur la question. Par contre, si vous entreprenez de le lire, faites attention à le lire en entier, car j’y dis tout et son contraire, et à le faire sans trop de préjugé. Si vous ne comptez pas le lire intégralement, qu’importe la raison, passez votre chemin car ne lire qu’une partie vous induira forcément en erreur. Je veux juste rappeler qu’il n’existe pas d’homme providentiel. Mélenchon a de grandes qualités, mais fait des erreurs, ou est un menteur (selon le point de vue). J’ai essayé de retravailler cet article, mais qu’importe, qu’importe tout ça quand on parle de milliers de vie qui sont ôtées trop tôt par de gros connards comme Poutine et El Assad. J’édite cet article. Je le lis, le relis, le re re re relis. Il devient surchargé de contradiction.

 

Mélenchon n’a pas toujours été clair au sujet de Poutine ou de la guerre en Syrie. Bien souvent, on le trouve un peu ambiguë, ce qui pourrait ressembler à un soutien à Poutine. Son absence de clareté sur ces sujets brulants me dérange beaucoup. Pourtant, pour décrédibliser le discours de Mélenchon il n’y a rien de mieux que le faire passer pour un pro-Poutine. C’est malheureux à dire, mais beaucoup de médias ont abusé de la phrase sortie de son contexte pour lui faire dire ce qu’il n’a pas dit. Sans parler de Hamon qui compte énormément là-dessus pour marquer sa différence avec Mélenchon. J’ai donc tenté de comprendre le fond de sa pensée. Je ne vous cache pas que, pour l’instant, je suis toujours dans l’incertitude. L’article est plus un catalogue qu’autre chose. Il se peut aussi que je me répète.

Je désapprouve les incidents diplomatiques de Hollande sur la Russie qui sont contraires aux intérêts de la France. Nous sommes en train d’aller progressivement à une logique de guerre avec la Russie. Je n’ai aucune tendresse pour les islamistes qui sont dans Alep est car ce sont les mêmes qui ont assassiné des journalistes français. L’attitude de Hollande rend la France illisible, inefficace et absente sur la scène internationale.”

Le gros problème avec Mélenchon, c‘est qu‘il a un côté « je dis des choses extrêmes puis je nuance. » Et je pense que dans cette histoire, il s’est pas mal construit en opposition au discours officiel. Ce que je comprends, car le discours officiel est simplificateur. (Le sien aussi mais il ouvre sur quelque chose d’autre)

Première lecture : il semble dire que la France a depuis la guerre froide une stratégie diplomate plutôt que conflictuelle. Et régulièrement, il dénonce la soumission de l’Europe et de la France aux États-Unis. CF le déploiement de l’armée américaine en Pologne.

Les États-Unis se sont pas mal cachés derrière Obama en menant une politique loin d’être à 100% positive et, mine de rien, Mélenchon ne se leurre pas là-dessus, contrairement à bien d’autres politiciens qui, ne voulant critiquer le tant adoré Obama se contentent de fermer les yeux qui tout un pan de sa politique. Bon, Obama n’est clairement pas comparable à Poutine et je pense qu’il fait parti des meilleurs présidents américains. C’est presque pour affirmer son anti-américanisme que Mélenchon parle de se rapprocher de Poutine. Encore que, le mot “rapprocher” n’est pas le bon. Plus qu’un rapprochement, c’est un dialogue qu’il souhaite. Et s’il ne s’agit que de ça, je suis plutôt d’accord. Mélenchon parle régulièrement du risque de guerre généralisée, et dans de nombreux discours, milite pour un apaisement et une prise de conscience de l’escalade des tensions internationales. Pourtant, il reste encore quelques zones d’ombre qui me font parfois grogner.

Par exemple

“ Je n’ai aucune tendresse pour les islamistes qui sont dans Alep”

C’est plus ou moins détourner l’attention du véritable problème. Alep n’est pas peuplée de terroristes islamistes. La grande majorité sont de simples citoyens, et on peut voir en cette phrase une volonté de détourner l’attention du véritable problème que représente ce massace

l«Nous allons commencer par dire que nous n’aimons pas les bombardements ni vous ni moi (…) la guerre est toujours sale, elle est horrible, elle est abominable. Les bombardements des saoudiens au Yemen sont abominables, les bombardements sur les civils quels qu’ils soient sont abominables» «Nous parlons de la zone Est d’Alep. Qui est tenu par qui ? (…) des modérés, des modérés d’Al-Qaeda qui ont assassiné les rédacteurs de Charlie Hebdo. Vous tenez à tout prix à trier entre les victimes ?»

Le tout est de savoir contre qui les russes se battent. De ce que je sais, dès le début, les russes ont attaqué ceux qu’on qualifiait alors de rebelles syriens. Rébellion qui était dans la suite des révolutions arabes. Pourtant, depuis les attaques terroristes en France, le discours des médias a beaucoup changé. On n’entendait pas, à l’époque, parler de terroristes, seulement de rebelles.

Vous tenez à tout prix à trier entre les victimes”

Pour ma part, oui. Je tiens à trier.

Bien sûr, il ne le savait pas encore à l’époque, mais la récente utilisation d’armes chimiques fait largement douter de la stratégie de Bachar El Assad, qui semble se foutre éperdument du nombre de victimes innocentes. Je sais que Poutine se fiche de son peuple, je doute donc qu’il s’émeuve de la mort de syriens lointains. Mélenchon déclarera plus tard, sur l’attaque à l’arme chimique “quelque soit le coupable, il doit être condamné” et ajoutera que la France défend l’interdiction des armes chimiques depuis 1993. Concernant l’intervention contre Assad, JLM estime que l’ONU est la seule organisation légitime. Il prône dans un entretien accordé à FR2 la vigilance, en prévenant que “nous sommes assis sur une poudrière”. Mine de rien, Mélenchon semble bien plus au courant des enjeux internationaux que les autres candidats. Dans l’émission ONPC, il fait évoquent pendant plusieurs minutes les grands problèmes de frontières que se disputent les pays de l’Est, la majorité d’entres eux étant bien souvent enfouis dans les médias qui s’occupent beaucoup plus des problèmes qui nous concernent directement, bien qu’on ait malgré tout entendu parler du cas de la Crimée

Voilà ce qui m’étonne. Mélenchon qui hurle face à la pauvreté, qui s’insurge contre la misère comme il a pu le faire dans ce monologue ( https://youtu.be/bfYNGjnLp-s?t=57m49s ) vibrant de sincérité, pourquoi ne le fait-il pas pour la guerre en Syrie ?

Humainement, j’ai confiance en Mélenchon. C’est peut-être bête, je me fais peut-être avoir, mais je pense que son indignation n’est pas qu’un calcul politique.

« Je ne suis lié d’aucune manière à Monsieur Poutine. Je combats absolument sa politique et si j’étais russe, je ne voterais pas pour son parti mais pour mon camarade du Front de gauche russe, qui est en prison »

« Des crimes de guerre en Syrie ? Mélenchon parle de ‘bavardages' »

Titre public Sénat

https://www.publicsenat.fr/lcp/politique/des-crimes-guerre-syrie-melenchon-parle-bavardages-1519421

Extraits d’un article de Marianne sur le sujet

Au sujet de cette phrase qui a tristement fait le buzz, Mélenchon voulait simplement dire que, désigner ces bombardements comme des crimes de guerre n’allaient pas résoudre le problème, que ce n’était que de beaux discours. Cependant, les crimes de guerre comme les crimes contre l’humanité sont clairement définis et amènent, je crois, à des sanctions

« Assassinat, mauvais traitements ou déportation pour des travaux forcés, ou pour tout autre but, des populations civiles dans les territoires occupés, assassinat ou mauvais traitements des prisonniers de guerre ou des personnes en mer, exécution des otages, pillages de biens publics ou privés, destruction sans motif des villes et des villages, ou dévastation que ne justifient pas les exigences militaires. »

Pourtant, comme le rappelle Marianne, Mélenchon ne s’est pas contenté de dire ça. Le journal explique que bien souvent, les commentateurs ne disent rien sur le reste de l’interview.

 “Le problème, c’est que le journaliste vient de lâcher l’expression « crime de guerre », et que les observateurs s’empresseront d’analyser la réponse comme une remise en cause de cette notion même. Pourtant, il aurait suffi d’écouter un peu plus longtemps pour saisir la réalité de la pensée développée. En effet, quelques minutes plus tard, le candidat expose : « Les bombardements des Saoudiens au Yemen sont abominables, les bombardements quels qu’ils soient sur des civils sont abominables (…) Mais il y a une guerre et les deux parties veulent la gagner. Je verrais bien la tête et les questions que vous poserez à vos invités d’ici quelques jours quand nous commencerons les bombardements sur Mossoul. Vous les trouverez divins, parce que libérateurs ! Vous savez qu’il y a des Français engagés là-bas, que l’artillerie, c’est les Français qui l’organisent ? Et à ce moment-là qu’est ce qu’on dira ? »”

Article très intéressant, d’ailleurs, pour comprendre la position de Mélenchon sur Poutine

Comme relevé par ce même article, Mélenchon explique pourquoi il estime que la politique menée par Poutine est plus efficace que celle de la France

« Ce n’est pas vrai, ce sont les Russes qui ont coupé les communications qui sortaient le pétrole de Daech pour faire de la contrebande par la Turquie, et c’est ça qui a été bombardé. Donc je félicite les Russes d’être parvenus à couper cette liaison, si bien que Daech va être étranglé ».

Depuis les attentats, on reproche énormément à la France d’acheter du pétrole à des pays suspectés de financer Daech. Pas sûr (et c’est peu dire) que cela me suffise pour justifier ces crimes.

Je vous conseille de lire l’article de Marianne sur le sujet, bien meilleur que mon propre article

https://www.marianne.net/politique/jean-luc-melenchon-ce-qu-il-vraiment-dit-sur-la-russie-poutine-et-la-syrie

Semer le trouble quant-à un supposé soutien à ce dirigeant est, je pense, la meilleure stratégie pour nuir à un homme politique. Depuis l’élection de Trump, il y a une énorme méfiance vis-à-vis du Kremlin qui semble poser ses pions un peu partout dans le monde jusqu’à nous rendre paranoïaques. Donc il faut ici prendre du recul et tenter d’analyser ce qui se dit. Poutine est, de ce que je sais de lui, un homme tout à fait détestable, que je qualifierais de monstre, sous toutes les facettes. À mes yeux, et donc aux yeux de bien des gens, il est immonde. D’où la facilité de l’argument pour dire “Voyez, Mélenchon est un adorateur de Poutine ET EN PLUS C’EST UN SALE COCO”

Je me méfie de ça. À plusieurs reprises, certains grands médias ont utilisé la bonne vieille technique de la phrase sortie du contexte pour faire passer Mélenchon pour pire qu’il ne l’ait réellement.

Par exemple:

Jean-Luc Mélenchon se « réjouirait de traiter » avec Donald Trump” L’express

France inter avait publié le même titre, mais semble l’avoir modifié récemment. Je l’avais vu, Mélenchon a d’ailleurs râlé contre ce titre mensonger, c’est certainement à la suite de ça que France Inter l’a modifié. Malgré tout, les inrock ont titré “Pourquoi Jean-Luc Mélenchon se « réjouirait de traiter » avec Donald Trump”

Là, le cas est simple. Mélenchon parlait des traités Tafta et Ceta et dit que pour lui, ce serait plus simple de s’opposer à ces traités avec Trump, puisque Trump est lui-même contre ces traités.

S’il renonce de lui-même à Tafta, je saisirais l’occasion au bond”

Typiquement le cas d’un titre fait pour décrédibiliser le candidat de la France Insoumise.

Le fait est qu’il dit du bien de l’intervention de Poutine en Syrie. J’aurais aimé l’entendre s’opposer violemment à ce monstre. De mémoire, je sais qu’il l’a fait. Mais, comme je l’ai dit plus haut, il ne l’a fait qu’après avoir vu notre air scandalisé.

Comment régler le problème

 Mélenchon a comme premier objectif l’élimination de Daech. Après, il souhaite établir un accord de paix durable entre les différents partis, et ça ne passe pas, pour lui, par une attaque contre Bachar El Assad. Le peuple de Syrie doit lui-même décider du sort de leur dirigeant, et ça passe d’abord par un vote sous surveillance de l’ONU

Que M. Bachar al-Assad soit un criminel, tout le monde le sait, la discussion ne porte pas sur ce point”, mais plutôt sur comment arrêter la guerre et rendre la parole au peuple syrien dans des conditions démocratiques et de paix qui fassent qu’eux-mêmes puissent s’en débarrasser”.

Mélenchon n’est pas un con, voilà ce que j’ai écrit en introduction. Il n’est pas un con car il est informé et conscient, c’est du moins ce que je ressens quand je le regarde intervenir sur de multiple sujets. Alors quoi ? Pourquoi avoir réduit Alep aux terroristes ? Pourquoi a-t-il été aussi convaincu lorsqu’il a dit à Léa Salamé que OUI il soutenait l’action de Poutine ? Bordel, il s’est trompé, et sur ces sujets on n’a pas le droit à l’erreur. Alors pourquoi je le soutiens ? Parce qu’il est mieux que les dix autres. Parce qu’il sait que les choses ne sont pas si simples que les belles paroles et les « il faut tuer Assad » BIEN SÛR que les jours d’intense émotion, je veux la mort, ou au moins l’arrestation et l’incarcération d’Assad. Et alors ? Et après ? Une fois qu’on l’aura arrêté, il se passe quoi ? On retire notre armée et on regarde la guerre civil continuer et les gens s’entre tuer ? Car oui, c’est ce qu’il peut se passer et AUCUNE décision de ce genre ne doit être prise à la légère. On sait que ce qu’il se passe est mal, clairement. Mais je n’y vois pas d’issue. Je n’y vois pas la moindre issue car éliminer Assad n’éliminera pas la guerre civile qui se mutera en quelque chose d’autre tout aussi horrible, car il n’y pas un mal, mais des maux. Pourtant, qu’est-ce que je voudrais qu’Assad disparaisse. Tous les jours, je pense à leurs morts, tous les jours, et je ferais quoi, moi ? Si j’étais président de la France, que j’avais un pouvoir décisionnel, je ferais quoi ? Tous les choix me paraissent mauvais.


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