Pia-mot

La pulsion, elle vient du dos

Celle qui fait cracher les notes, élance les mains, elle vient du dos remonte l’échine et traverse les bras

Et le morceau commence, en notes graves et brutales quasi bestiales, les rythmes saccadent et meurtrient les touches, j’aurais aimé faire plus, dans ma tête, une symphonie
Le ventre se serre
Le ventre se sert quand le dos, fatigué, endolori, en trois temps abandonne, c’est au tour des tripes, dissonance en dissonance, de calmer la colère, la douleur croît, le corps ploie, les notes choient
Calme
Calme

L’estomac se relâche et se dessine alors un paysage connu, les muscles, un à un, des pieds aux mains, laissent aller le fluide qui les a brûlés

Reprise lente, d’abord la main gauche hésite, désolée de m’avoir fait mal
Désolée d’avoir eu à dire
Des pensées ridicules
Sur quels accords reprendre, quel motif broder pour que main droite se pose, rassurée de pouvoir remonter, à nouveau cadencée sur des mots tendres que la boule dans la gorge abandonne. Ça va aller. Le piano a la voix cassée, rauque et étouffée. Sourit en coin, me prend les deux mains, puis dans ses bras majeur, me voilà mineur entouré de ses sons. Ça va aller. Voilà, tu peux respirer.
Silence

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *